Au pied de mon chêne
Installée contre mon vieux chêne,
Je lui explique toute ma peine,
Ce n'est qu'un arbre, il est mon ami,
Je lui décris les moments de la vie,
J'entends la longue, douloureuse plainte,
De cette interminable vie dépeinte,
Par tous ces hommes qui ne font que courir,
A peine nés, ils commencent à mourir,
Mon vieux chêne écoute, ne répond pas,
Il me semble entendre son cur qui bat,
Venu de je ne sais où ! un murmure,
Je sais que c'est bien lui, c'est sûre,
Je découvre mon arbre philosophe,
Jamais personne ne l'apostrophe,
Il est si grand, il voit tout, contemple tout,
Ma vision change vite, d'un seul coup,
Mon bel arbre est aussi vivant que moi,
Je n'ai pas honte de mes pensées, de moi,
Simplement ,je viens d'intégrer une leçon,
Chacun vit, avec ou sans petite passion,
Nul ne peut vivre.. pour quelqu'un,
Il peut juste tendre sa douce main,
Pour aller ailleurs, beaucoup plus loin,
Car la vie est dans chaque recoin,
Mon vieil arbre se tait, je n'ai pas rêvé,
Cet instant est si simple à expliquer,
Voilà un message, dernier balbutiement ,
Toi tu es là, mais tu as un cur d'enfant,
Ne crois pas que les hommes soient ainsi,
Elle est si incompréhensible la vie ! Oh oui..
Tu n'es qu'un tout petit bout de lumière,
Mais tel un soleil, tu éclaires la terre,
Il est l'heure de t'en aller ,dit le chêne,
Chez toi ,pas de place pour la haine,
Regardes le monde, il essaie de vivre,
Mais toi, tu dois vivre et non survivre,
Telle une enfant, j'enlace son tronc,
C'est un cur à cur, c'est subtil, bon,
Je le remercie pour ce moment, ces mots si beaux,
Je sais que venant de lui, c'est un joli cadeau.
©Michèle R.