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La
violette
La
violette a deux visages. Elle
est à la fois ange céleste et jolie petite sorcière.
Les yeux baissés, elle vante sa modestie et joue à la pudeur.
Dans la Grèce
antique, à Athènes, on en jonchait la chambre des jeunes épousés, en
hommage à leur vertu. Mais
elle ne trompe pas ceux qui la reçoivent ou qui l’offrent.
Ils connaissent ses vertiges et aiment y céder.
Ils savent que, dans le sillage de son parfum pénétrant, la petite
fleur peut vous faire entrer dans des univers surnaturels. Elle
« en tapisse les parois » disent
ceux qui ont fait l’excursion.
Paradoxalement, les
Romains prêtaient à cette diablesse le pouvoir de dissiper l’ivresse.
Aussi, les veilles d’orgies, leur fleuriste était-t-elle débordée
de commandes de couronnes de violettes.
Aujourd’hui, les violettes font partie de ces petits cadeaux que
l’on offre sans raison et, souvent, que l’on s’offre à soi-même.
Qu’importe, la
violette a plus d’un tour dans son sac et parfois, comme dans la comédie
de George Bernard Shaw, My Fair Lady, la bouquetière
qui la vend peut changer le cours de votre vie.
Surtout si elle a le visage d’Audrey Hepburn. Alors vous chanterez : « L’amour est un bouquet de violettes ».
Ou vous vous
envolerez sur une valse de Jean Anouilh mise en musique par Georges Van
Parys, La
complainte de la petite marchande des rues :
« Deux
sous d’violettes,
Pour
deux ronds, ça sent bon
Et
ça monte à la tête
Deux
sous de violettes-è-ttes
Viola
« Vertiges
imprévus »
Pour plus
d'informations sur la culture de la violette :
Livre : langage des fleurs
Texte de Nicole Parrot |