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Le
rhododendron n’a pas sa langue dans sa poche. Qu’il
rosisse, pâlisse ou bleuisse, il a toujours une déclaration sous
la main. Respectivement :
« Je vous fais un
serment d’amour », « je soupire d’amour »,
« vous êtes très belle ».
Dans toutes les teintes, il se réclame de l’élégance.
Mais s’écrie parfois « danger! ».
Pourquoi cette mise en garde?
À l’attention sans doute des amants qui se rencontrent en
cachette et doivent redoubler de précautions.
Dans la symphonie éclatante de tous
les roses, à la lisière du rouge et du bleu, capable de virer
parfois à l’orange, le rhododendron le dispute au fuchsia.
En buissons touffus, glissant du mauve au violet, il
couvrait en cascades le jardin de Winston Churchill dans sa propriété
de Chartwell. Durant
la dernière guerre, le premier ministre anglais aimait les
regarder fleurir au printemps et confiait : « Un
jour loin de Chartwell est un jour perdu ».
Grâce
au ciel, il perdit alors beaucoup de jours à se consacrer au
retour de la liberté dans le monde.
Les
somptueux « feux
d’artifice » du rhododendron, selon l’expression de
Georges Duhamel, abritaient les jeux de cache-cache du jeune Marcel
Proust au jardin des Champs-Élysées et chaque année, les
Parisiens en promenade sur la célèbre avenue remarquent : « Voici
les beaux jours, les rhododendrons sont en fleur ».
Rhododendron
« Gare
aux jaloux! »
Pour
plus d'informations sur la culture du rhododendron:
Livre:
Langage des fleurs
Texte
de Nicole Parrot
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