Le myosotis

 

« Ne m’oubliez pas ». Les plus ignorants du langage des fleurs connaissent la supplique de la petite fleur bleue. Elle est si désarmante qu’elle donne une certaine importance au geste de la personne qui l’offre, seule ou en bouquet.

Son destinataire appréciera la recommandation qui implique beaucoup de modestie et de simplicité.

À moins qu’il ne s’agisse de lucidité. Elle se complète d’ailleurs par une vaillante promesse de fidélité éternelle. Car ce « ne m’oubliez pas » s’accompagne de ces serments : « moi, je ne vous oublierai jamais », et « je garderai toujours le souvenir de nos premiers émois ».

Il est sympathique, décidément, le myosotis et, avec lui, ceux qui l’offre. Et qui aiment, comme Balzac, dans Le lis dans la vallée : « les bleuets, les myosotis, toutes les fleurs bleues dont les nuances,  prises dans le ciel, se marient si bien avec le blanc ».

Cette fleur très ancienne, peinte sur les murs des villas de Pompéi, doit sans doute son nom aux petits poils de ses feuilles : il signifie en grec  « oreille de souris ».

Quand à son célèbre message, il lui vient d’une légende allemande.

Un homme à qui  sa fiancée avait demandé de repêcher son bouquet tombé dans les eaux tumultueuses de Rhin, s’approcha tout au bord de la rive, réussit à le saisir, le lui lança. Et tomba à l’eau. Il cria : « ne m’oubliez pas ! » Puis il disparut dans les flots.  Parions qu’elle n’était pas près de l’oublier.

« Ne m’oubliez pas »  Myosotis

  Texte : Nicole Parrot

La Maison Rustique, Flammarion