Marguerite

La marguerite salue l'innocence et vante la droiture de la personne qui la reçoit. Lorsque celle-ci s'interroge sur ses chances d'être aimée, la fleur blanche au coeur d'or la rassure et lui garantit la préférence. Elle dispense généreusement sa confiance et sa fidélité. Blanche, elle argumente: « vous convaincrez car vous possédez la vraie beauté ». Bleue(il y en a), elle félicite: « on peut vous croire, vous êtes sûre ». Quant aux amoureux qui arrachent l'un après l'autre ses pétales, s'ils tombent sur le « pas du tout », ils peuvent repirer. « C'était pour rire », leur dit-elle gentiment. « Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite, donne-moi ton coeur », lui répondent les enfants, décidément insatiables.

Découverte en Chine, au début du XV111e siècle, la marguerite a conquis toute l'Europe en cinquante ans, tout en multipliant ses couleurs. Fleurs d'élection des styliste des années 1960, elle déferle alors dans la mode, déclinée en bijoux, broderies, applications impressions, sur les robes, chapeaux et chemises d'hommes.

Facile à dessiner, la marguerite s'épanouit sur les premiers dessins des enfants. Traduit en quelques traits, l'envol de ses pétales permet toutes sortes de jeux très graphiques. Matisse et Dufy la célèbrent et le dessinateur Erté la fait souvent pénétrer dans les coulisses des spectacles de nuit,  endroits où l'air frais des prairies souffle rarement. Il la pose sur le manteau accroché aux épaules des danseuses nues ou leur en fait un gracieux cache-sexe. Les écrivains l'aiment tout autant et le poète médiéval Jean Froissart la sacre: « Sur toutes les fleurs, j'aime la marguerite ».

Leucanthmum

« Un coeur d'or »

Textes de Nicole Parrot

La maison rustique: Flammarion