Il dit: « aimez-moi plus que jamais, appuyez vous sur moi » et, se vantant un peu: « je suis la force et la fidélité en amour, je les mets à vos pieds ». S'enhardissant, il se risque à murmurer: « je vous promets de nouveaux plaisir sensuels » et même « des luxures exotiques ». Plein de sève et de vigueur, il est surnommé en Chine « fleur de l'union nocturne ». Tout un programme.

Au XV11e. siècle un botaniste du nom de Magnol a l'idée commode de classer les espèces de plantes par familles. Quelques décades plus tard, pour saluer sa mémoire, on donne son nom à la belle fleur en forum de coupe. Épanouie sur les magnoliers, blanche et rosée, elle nous est arrivée d'Amérique au XV111e siècle, cadeau des ambassadeurs américains à la France. Bientôt, en Angleterre comme au Nouveau Monde, le magnolia est invité aux noces à côté de la fleur d'oranger. Il se porte à la boutonnière des invités comme le note William Thackeray dans La Foire aux Vanités: « Joe Sedley était splendide. Sur sa jaquette verte s'étalait une fine faveur nuptiale ainsi qu'un grand magnolia blanc épanoui ».

Les magnoliers abritent leur amours de Scarlett dans Autant en emporte le vent: »  Les geais moqueurs continuent à se disputer la possession du magnolier sous sa fenêtre ».  En 1999, la belle fleur du Sud donne son nom à un film de Paul Thomas Anderson. Loin de faire de la figuration, sa forme même a inspiré les auteurs. Ils sont imaginé, prenant modèle sur sa rosace aux pétales imbriqués, des intrigues qui s'emboîtent les unes dans les autres. Enfin, le magnolia réchauffe, colore et embaume les souvenirs de Julien Green qui les chante dans son Journal.

Source: Textes de Nicole Parrot

La Maison Rustique: Flammarion

 

 

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