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Le Lotus

 « J’apporte l’allégresse, la sérénité et la fertilité », proclame le lotus.  Qui ajoute : « J’assure l’épanouissement spirituel grâce à la réalisation de toutes les potentialités de l’individu ».  Mieux vaut ne pas contredire le lotus : il parle de très haut.  Ne disait-on pas en Égypte qu’il avait des rapports secrets avec le Soleil-roi.  Et même, d’après les Hindous et les Égyptiens, l’univers tout entier provient de cette créative divine : fermé, en forme d’œuf, il est sorti du nombril du dieu Vichnou endormi.  Une précision au passage, le lotus, espèce particulière de la famille des nymphéacées, blanc, bleu ou rose, a été sacré et vénéré par l’Égypte pharaonique et l’Inde brahmique.  Ce qui le distingue de son petit cousin, le nénuphar.

    Il a tout pour étonner, le lotus.  « On allait en barque dîner à l’ombre des larges feuilles de lotus »  note Strabon, géographe historien de la Rome antique.  Ces feuilles peuvent en effet mesurer soixante centimètres de large, quant aux fleurs, elles atteignent parfois une hauteur de deux mètres.  Tout est géant et vigoureux chez le lotus.  Ses graines, grosses comme des noyaux d’olive, ont prouvé leur vitalité. Certaines, découvertes dans une tourbière, ont germé après deux mille ans de sommeil et donné de magnifiques fleurs roses.

       Le plus sculpté, gravé, dessiné ou peint dans l’Antiquité, le lotus décore tous les monuments autour du Nil.  Il a de nouveau la vedette lorsque, au début du XXe siècle, aux Etats-Unis surtout, déferle un goût effréné pour tout ce qui est égyptien, l’égyptomania.  Il pose alors son joli motif sur les marbres, les bronzes et les acajous des premiers gratte-ciel new-yorkais, le Swiss Center Building comme le Chanin Building.  Et naturellement le Lotus Club où se réunissent les lotus-eaters ou mangeurs de lotus (mais c’est une tout autre histoire)

 

Nelumbo

« Une créature divine »

Pour plus d'informations sur la culture du lotus :

Livre: Langage des fleurs

Texte de Nicole Parrot