La jonquille offre son respect tout comme elle apprécie que l’on respecte la personne aimée.  Ce qui ne l’empêche pas de s’écrier sans retenue : « Je me languis de désir ».  C’est net et honnête.  Cependant, que l’on se rassure, elle ajoute : « Je me languis d’amour ».  Elle peut aussi faire une intéressante déclaration : « Je donne l’amour de belles lettres », et, parfois, confie à l’attention de rares privilégié(e)s : « Pour vous, j’ai écrit ce sonnet ».

         Exactement ce que fit Charles de Saint Maur de Montausier qui, en 1641, offrit à sa fiancée, Julie de Rambouillet,  La guirlande à Julie, recueil de poésies dédiées à chaque bouquet envoyé quotidiennement durant leurs fiançailles.  Il s’emballe ainsi sans la nommer pour la modeste jonquille :

« Dans la fable, ni dans l’histoire

Il ne parle point de moy :

Mais la passion véritable

Que vous témoigne ma couleur

Plus qu’une illustre fleur

Me doit rendre recommandable ».

         Avant de parsemer le sol, sous les pieds de l’Enfant Jésus et de la Vierge aux rochers, Léonard de Vinci, comme le montrent ses croquis préparatoires, l’étudie longuement, pétale après pétale.  Au début du X1Xe siècle, les premiers touristes globe-trotters à la découverte de la Chine s’émerveillent de voir les barques croulant sous les jonquilles apporter de la compagne de quoi fleurir Canton et y fêter le nouvel an chinois.  Et Hugues Auffray les chante dans nos mémoires :

« Des jonquilles aux derniers lilas »

Pas de doute, la jonquille ne manque pas d’admirateurs.

 

Narcissus pseudonarcissus

« Aveu sans retenue »

 

Pour plus d'informations sur la culture de la jonquille :

Livre: Langage des fleurs

Texte de Nicole Parrot

 

 

 

 

 
 
 
 

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