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L’hortensia
« Pourquoi êtes-vous si froid(e) », demande
l’hortensia. Verdissant, il ajoute : « laissez-moi espérer ».
Bleu, il reproche « vos
caprices me peinent ». Il plaît à ceux et celles qui, le visage
impassible, aiment s’exposer aux regards et, parfois, bravent l’opinion.
Tout comme le comte Robert de Montesquiou, poète esthète de la Belle Époque
et grand amateur d’hortensias. Cette fleur androgyne est un compagnon idéal
pour distraire entre deux amours, elle apporte son lot de méditations et de rêves
chimériques. Mais attention, elle pousse au repli sur soi.
Arrivé en France à la fin du XVIIIe siècle,
l’hortensia qui selon la saison passe du blanc au rosé ou au bleu, nous vient
de la belle Amérique du Nord encore sauvage du XVIIIe, mais aussi
des forêts humides de Chine et du Japon.
L’impératrice Joséphine de Beauharnais, grande
amie des fleurs, découvre cette nouvelle venue et la fait planter dans les
jardins de Malmaison. Une consécration. La grosse boule faite de jolies
fleurettes serrées les unes contre les autres est alors nommée hortensia en
l’honneur d’Hortense, sa fille d’un premier mariage.
Seconde consécration, elle pousse en buissons
touffus dans le jardin de Victor Hugo à Guernesey. Aperçue par-delà les fenêtres,
elle assorti son bleu aux carreaux de Delft couvrant les murs de la salle à
manger. Les impressionnistes en raffolent. Édouard Manet le pose en pot sur son
« balcon » et, en gracieux chapeau, sur la tête de son joli Modèle
Hydrangea « Entre deux amours »
Texte de
Nicole Parrot
La
Maison Rustique, Flammarion
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