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Le géranium
Cette fleur en pot qui se
pose sur le bord des fenêtres aux quatre coins du monde émet des
messages aussi variés qu’originaux.
À chacun d’opter pour
celui qui semble le mieux adapté à ses propres questions.
Écarlate, il promet un amour
voluptueux et parfois conjugal. Où fusera l’esprit puisqu’il ajoute :
« votre conversation brillante m’a ébloui ». Sous cette même
couleur, il assène : « sottise ». S’agirait-il de la
sottise de ne pas aimer celui ou celle qui l’offre? C’est probable,
et pour une bonne raison : dans le langage des fleurs, on en arrive
toujours à parler d’amour. Tout permet donc de penser qu’il
proteste énergiquement devant l’éventuelle indifférence de l’aimé(e).
Il se plaint également de sa
causticité. Rosé, il avoue sa langueur mais assure : « je
peux vaincre ma timidité ». Il s’enhardit encore, réclame la
préférence et suscite un premier flirt. Jaune, il se montre exclusif :
« je veux être tout pour vous » mais reproche un « caprice ».
Blanc (ça lui arrive), il
conseille doctement : « commencez donc à m’aimer »,
rappelle les dangers de
l’innocence et conclut : « protégez-moi » Serais-ce
un piège? Allez savoir, il dit tant de choses, le géranium.
Cette fleur « aux
couleurs brûlantes » selon l’expression de Katherine Mansfield, fleurit dans le jardin des peintres
impressionnistes, de Manet à Monet en passant par Frédéric Bazille.
Geranium « Amour
voluptueux, parfois conjugal »
Texte:
Nicole Parrot
La
Maison Rustique, Flammarion

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