Le Coquelicot

La fleur rubis annonce « une ardeur fragile: » et recommande : « aimons-nous au plus vite ». Avec ses fins pétales, elle apporte aussi un sommeil béat. Elle sait hâter l'oubli des chagrins, apaise et console. En prime, elle propose un don précieux, l'efficacité. Mais attention, il ne s'agit en aucun cas de confondre le coquelicot avec son grand frère le pavot, également membre  de la famille des papavéracées, mais du genre infréquentable. Le coquelicot est sain, lui. La preuve, les savants botanistes contemporains l'ont observé, le blé pousse mieux lorsqu'il se parsème de coquelicots.

Si nous traversons la Manche un 11 novembre, nous surprenons les Anglais portant à leur revers les « poppies », ces gros coquelicots de papier vendus au coin des rues, chaque année, depuis 1918. La foule anglaise, parée comme un seul homme de la fleur rouge, voilà  un spectacle plus émouvant que bien des discours. La reine mère, qui l'accroche à son manteau comme le plus petit  de ses sujets, exceptionnellement, ce jour-là, ne porte pas de fleurs à son chapeau.

En France, la petite fleur rouge a reçu le plus poétiques des hommages, une chanson de Chales Trenet :

« Coeur des champs, 

Pas méchant

Coquelicot dans les blés, 

Au soleil de la vie

Rougissante et ravie,

Ta p'tite âme me plaît.

Parfois, tout comme moi,

Tu suis les rails d'un train,

D'un train qui n'passe plus

Merveilleux ch'min plein d'entrain

Le chemin des beaux jours,

Du soleil, des vacances, 

Des poèmes, des romances,

coquelicot d'amour !

Extrait de Coqueliciot de Charles Trenet avec l'aimable

autorisation des Éditions Raout Breton.

PAPAVER RHOEAS.

" L'Urgence de la passion.

Texte : Nicole Parrot

La Maison Rustique, Flammarion

 

 

 

Création La petite Coccinelle