|
Le
bégonia
célèbre
l’amitié.
Personnalité
pleine de santé du type joyeux drille, il sait aussi philosopher
ses heures et note : « J’aime la vie car je
pense souvent à la mort ». Qu’importe, avec lui et avec
ceux qui l’apprécient, pas de sentiments ambigus mais des pensées
droites et une franche cordialité.
Le
nom de cette fleur, qui présente toute la palette des rouges et
roses et se fait aussi en blanc ourlé de pourpre, immortalise une
histoire d’amour secrète.
Celle
de Charles Plumier, moine marseillais. Ce savant botaniste envoyé
en Amérique au XVIIe siècle pour un voyage d’étude,
y récolte de centaines de plantes encore méconnues en France. Il
travaille sous les ordres de l’intendant
Général
de Saint-Domingue, Michel Bégon, et, nourrit une passion brûlante
pour Madame Bégon. C’est à elle qu’il rend un hommage
discret en baptisant sa belle trouvaille « bégonia ».
C’est
sous ce nom que Chateaubriand, durant son voyage aux États-Unis,
la chante : « ces
lieux dorés des derniers feux du jour, animés du chant des
oiseaux moqueurs et dont les habitants, accoudés sur des
clôtures frangées de bégonias, regardaient notre
barque passer au-dessous d’eux ».
Aux
Indes, la fleur couleur de pêche prospérait déjà depuis le IVe
siècle et la ville de Patna lui était vouée. En Chine, les
botanistes pékinois du siècle des lumières
avaient mis au point un précédé lui permettant de s’épanouir
en toutes saisons. Depuis, de savants croisements ont produits des
milliers de variétés. De quoi célébrer l’amitié cordiale
dans toutes les langues.
« Franche
cordialité » Bégonia
Texte :
Nicole Parrot
La
Maison Rustique, Flammarion.
|