L'iris «Avec moi, voici venu le temps des bonnes nouvelles. Je vous insuffle une ardeur toute neuve. Plus que jamais, ayez confiance en la vie». Optimiste et bienveillante, la belle fleur bleue a emprunté son nom à Iris. Cette messagère des dieux vêtue d'un arc-en-ciel, annonce le printemps aux humains. Accompagné de son parfum léger et sucré, l'iris en fait autant. Et ce n'est pas d'hier.

Voici trente-sept siècles, le pharaon Toulmosis 1er le rapporte de Syrie en Égypte. L'iris commence alors tranquillement à conquérir l'Occident. Mais bientôt il subit une sorte de dédoublement de la personnalité qui le suit jusqu'à nos jours. En effet, il y a iris et iris. Le premier, bien vivant, avec ses pistils jaune nichés au coeur de ses beaux pétales bleus mauve, fleurit en mars. Il enchante les peintres, des Breughel à Van Gogh, en passant par les péraphaélites, et obsède littéralement William Morris. Le second, voici une quinzaine de siècles, devient ce symbole graphique aux traits symétriques que tous les Français connaissent. Gravé sur les sceaux, les manteaux des rois de France et tatoué sur l'épaule des forçats sous un nom trompeur: fleur de lis.

Tout ça parce que Clovis, la veille de la décisive bataille de Vouillé, met son armée à l'abri de l'ennemi grâce à un champ d'iris. Celui-ci lui a signalé la présence d'un gué lui permettant de franchir la rivière. Reconnaissant, le roi des Francs prend l'iris pour emblème, comme l'explique Viollet-Le-Duc dans son Dictionnaire de l'Architecture. À son tour, Louis 1X, en route pour la croisade, l'adopte et le fait dessiner sur son fanion. L'emblème, surnommé tout d'abord «la fleur de Louis» devient au cour des siècles la fleur de lis. Curieusement, elle ne doit rien au lis mais tout à l'iris.

IRIS: « Optimisme et bienveillance»

Source: Textes de Nicole Parrot

La Maison Rustique: Flammarion  

 

 

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